Le lait d’anesse se prête particulièrement bien à la fabrication de merveilleux savons. Mais attention à la qualité du savon. Plus d’infos? Suivez le guide !
Un vrai savon n'est pas forcement comme on pourrait le croire, un savon acheté chez un petit artisan qui vous prétend que ces savons sont les meilleurs du monde. Derrière un vrai savon, il y a tout un savoir faire fait de connaissance et d'expérience, de ratés et de réussites. Vous trouverez des savons au lait d'ânesse fait à partir de "base très sèche" ou de "bondillons". Ces savons sont pour moi, des refontes de savons industriels car le soi disant artisan, achète des copeaux de savons, tout prêt à l'emploi, et n'a qu'à passer le lait et ces fameux copeaux dans, ce que l'on appelle une extrudeuse, qui vous sort un gros boudin de savon refondu. Cet artisan n'a alors plus qu'à couper ces petites savonnettes au poids désiré. Résultat, vous venez d'acquérir un savon 100% industriel fait la plu part du temps d'huile de palme, dont la production est une véritable catastrophe écologique en Asie et une expropriation souvent par la force des petits paysans d'Amérique du Sud. Bienvenue dans la dure réalité de gens sans scrupule. D'autant que ces merveilleuses savonnettes au lait d'ânesse ne contiennent généralement que 5% de lait d’ânesse. Alors si vous avez un peu de chance ce sera du lait frais, si vous en avez moins ce sera de la poudre de lait atomisé. A titre d'information l'atomisation du lait consiste à le faire passer dans une tour à plus de 300°C. Autant dire qu'à cette température les propriétés cosmétiques du lait d'ânesse ne sont plus qu'un vague souvenir, quand on sait que les enzymes les plus fragiles du lait sont détruits à 40°c.
Le problème est que fabriquer des vrais savons impose non seulement une véritable logistique, un savoir faire ancestral mais nécessite une déclaration auprès de l'Affsaps pour pouvoir commercialiser ces savons.
Je fabrique mes savons avec le lait de mes propres ânesses, puisque mon mari et moi sommes, entre autres agriculteurs. Le lait est trait 2 fois par jour ce qui permet au bout de 8 mois de récolter 1 litre de lait par ânesse.Mais tout ne se passe pas toujours comme ça et des fois nous avons moins. Mais ceux sont les ânesses qui décident.
La fabrication du savon se fait par saponification à froid. Je ne vous referais pas ici un cour sur cette technique, Internet regorge d'informations à ce sujet. Mais pour faire simple, un mélange bien orchestré d'huiles végétales et de soude caustique donne de merveilleux savons d'une douceur incomparable. Seul ce procédé me permet d'incorporer un taux énorme de lait frais ( de 25 à 40%). Cette technique produit de la glycérine qui est intégralement conservée dans le savon. Un sur graissage est également appliqué avec différentes huiles végétales. Rien à voir avec un savon fait de bondillons malaxés.
Pour celles et ceux qui serait encore septique, sachez que lorsque vous achetez vos savons en grandes surfaces notamment, vous trouverez dans leur composition le terme sodium tallowate. Ceci désigne du suif saponifié, en général de la graisse de boeuf. Évidemment c'est beaucoup moins glamour.
Nos savons sont déclinés pour tous les types de peaux.